Pandora Papers, à la recherche d’effets spectaculaire

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La liste des personnalités politiques qui apparaissent dans les « Pandora Papers » ressemble à un véritable catalogue à la Prévert.

Un roi, sept présidents et quatre premiers ministres en exercice. Des centaines de responsables politiques issus de plus de 90 pays.

Pourtant, à peine rendues publiques, ces indications, basées sur 12 millions de documents confidentiels sur les paradis fiscaux, obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et épluchée pendant plus d’un an par 150 médias internationaux, soulèvent déjà de nombreuses questions Immoral peut-être, mais pas illégal.

Sur le statut des faits allégués. Il s’agit ici de montages financiers organisés via des paradis fiscaux. Or, si chacun peut avoir sur la question son avis sur un plan moral, sur le strict plan du droit, de tels montages ne sont pas illicites. Ils sont même monnaie courante pour des entreprises comme Google, Facebook ou autres, dont les services sont sans doute quotidiennement utilisés par les journalistes à l’origine de ces « révélations ».

Puis, il ne s’agit pas en l’espèce de détournements de fonds publics, mais d’optimisation fiscale. Ici aussi, chacun peut avoir son avis sur le plan moral. Reste que sur le plan juridique, il n’y a pas d’irrégularité. D’ailleurs, les personnalités clouées aujourd’hui au pilori dans ces Pandora Papers ne font que ce que les multinationales, dont tout le monde consomme sans avoir à y redire les services et les produits, pratiquent depuis longtemps.

Autre interrogation soulevée par ces Pandora Papers, la surreprésentation des Africains, décidément une proie bien facile pour les médias occidentaux.

Sur les 336 personnalités épinglées, 43 sont africaines – dix d’entre eux sont du Nigeria, pays le plus représenté, suivi par l’Angola avec neuf responsables politiques incriminés et cinq pour la Côte d’Ivoire. Soit 12,8 % du total alors que le continent représente mois de 2 % du PIB mondial. Une disparité qui laisse d’autant plus songeur que certaines zones du monde, où hommes politiques et d’affaires prospèrent, sont-elles curieusement épargnées.

C’est dans cette optique, on peut également s’étonner quant aux critères choisis par les auteurs de « l’enquête » pour épingler leurs « victimes ».

On peut aussi s’interroger sur le procédé consistant à mettre dans le même sac, pour le dire trivialement, des personnalités épinglées pour quelques centaines de milliers de dollars et d’autres qui le sont pour plusieurs dizaines de milliards de dollars. C’est le cas, à l’instar du Gabon où les montages pointaient du doigt sont minimes dans le secteur financier par rapport à ceux mis à jour dans d’autres pays, comme au Congo-Brazzaville.

Rappelons a toute fin utile, il ressort clairement, dans le cas gabonais, que les sociétés utilisées n’ont « jamais servi de support à la moindre évasion fiscale, à la moindre transaction illicite, au moindre détournement de fonds publics, à la moindre activité illégale ».

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