[Gabon]Guy Nzouba-Ndama a été intercepté par les douaniers à la frontière de Kabala dans le Haut-Ogooué.

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A son retour du Congo-Brazzaville avec trois valises contenant 1,19 milliard FCFA en cash, le président des Démocrates est définitivement hors-jeu pour la présidentielle de 2023. Ce qui n’est pas, loin s’en faut, pour déplaire à certains. Et pas forcément ceux que l’on croit.

C’est ce samedi 17 septembre 2022, Guy Nzouba-Ndama a été intercepté par les douaniers à la frontière de Kabala dans le Haut-Ogooué alors qu’il revenait du Congo-Brazzaville. Surprise, à l’arrière de son pick-up blanc, trois valises bourrées de cash d’un montant : 1,19 milliard de francs CFA.

Dans l’immediat, il a été placé en garde à vue dans les locaux de la DGR à Franceville, Guy Nzouba-Ndama, l’ex-président de l’Assemblée nationale du Gabon pendant près de 19 ans. Il est en attente de son transfert, « pour les besoins de l’enquête », à Libreville. « Compte tenu des éléments contenus dans le dossier, une mise en examen pour a minima blanchiment de capitaux semble actée », indique une source proche du dossier.

L’ex-président de l’Assemblée nationale serait alors jugé devant la Cour criminelle spéciale. Outre une très forte amende, correspondant à deux fois le montant saisi, soit 2,38 milliard de francs CFA, sans compter la saisi du véhicule, cet ex-baron du PDG risque jusqu’à un an de prison ferme.

Les enquêteurs soupçonnent le fait que cet argent était destiné au financement de son parti et de la pré-campagne électorale pour la présidentielle de 2023. Une « hypothèse » d’autant plus plausible que M. Nzouba-Ndama a fini par indiquer aux enquêteurs, après avoir multiplié les versions contradictoires, qu’il s’agissait d’un don du président du Congo, Denis Sassou-Nguesso, qui a toujours su se montrer généreux avec l’opposition gabonaise. Or, la loi gabonaise prohibe toute intrusion étrangère en la matière. Ce soupçon, « étayé par un faisceau d’indices en attendant des preuves tangibles » selon les propos d’un enquêteur, explique le fait que la DGR a été chargé de l’enquête.

Celui qui fut 19 ans durant président de l’Assemblée nationale sait qu’il est définitivement hors-jeu pour la présidentielle de 2023. Il sait également sans doute qu’à 76 ans, cette affaire marque la fin de sa longue carrière dans la politique qu’il quitte par la petite porte. « Il faut être lucide », confie, dépité, un député Démocrates qui craint que le parti « ne puisse pas s’en relever ».

Désormais, une question revient de manière lancinante dans le microcosme politique gabonais qui bruisse, plus qu’à l’accoutumé, de rumeurs : à qui profite le crime ? Autrement dit, qui est le plus susceptible de tirer profit de cette situation ? Si du côté du PDG, la mise hors-course d’un opposant n’est pas pour déplaire, c’est en réalité davantage du côté de l’opposition que l’on se réjouit le plus des mésaventures de « Guy ».

« Cela peut paraitre contrintuitif, paradoxal même », avance un professeur en science politique de l’UOB. « Mais, à l’analyse, pas tant que ça. L’objectif premier des différentes personnalités de l’opposition, que ce soit Jean Ping, Alexandre Barro Chambrier, Paulette Missambo, Paul-Marie Gondjout ou d’autres, c’est d’abord de s’imposer dans leur propre camp. Or, de ce point de vue, la mésaventure de Guy Nzouba-Ndama est pour eux une ‘bonne mauvaise nouvelle’ dans le sens où un de leurs concurrents est sorti du jeu », analyse ce politologue.

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