[Gabon] Présidentielle 2023 Paul Biyoghe Mba possible candidat, incite les tensions ethniques pour se faire distinguer.

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C’était à la faveur des questions diverses lors la session plénière à l’Assemblée nationale hier mercredi 22 décembre, le député du 3ème siège du Komo-Monda et ancien premier ministre s’en est violemment pris aux Nzebis qui, à l’en croire, trusteraient les plus hauts postes dans la vie publique. Un débat hautement inflammable qui permet à cet homme discret, voire effacé, de se faire remarquer alors qu’il caresse le rêve de se présenter à l’élection présidentielle de 2023.

Paul Biyoghe Mba voulait sans doute se faire remarquer. Il a sans conteste réussi son coup. Mais à quel prix !

Hier, à l’occasion d’une séance de la session plénière de l’Assemblée nationale, le député du 3ème siège du Komo-Monda et président de la commission de l’environnement au sein de la première chambre s’en est violemment pris aux Nzebis qui, selon lui, seraient surreprésentés dans la vie publique. L’ancien premier ministre a notamment cité comme exemple le bureau de l’Assemblée nationale.

En réaction, plusieurs députés, à l’instar des anciens ministres Régis Immongault et Ali Akbar Onanga, ont aussitôt quitté la salle. D’autres, très nombreux, ont fait part de leur « totale désapprobation ». « Le Gabon est riche de sa diversité. Mais nous sommes un seul peuple. Qu’un responsable politique, a fortiori un ancien premier ministre, cherche à diviser plutôt qu’à rassembler, ça n’est pas digne. Je me demande quel est son objectif », fait mine de s’interroger un député de la majorité, élu de Lambaréné.

Même réprobation du côté de l’opposition. « Il y a des tas de sujets sur lesquels on peut débattre. Mais dès lors que l’unité nationale est en jeu, en tant que responsable politique, nous devons faire très attention », prévient un député Les Démocrates de la Nyanga.

En réalité, et tous les députés le savent, la sortie de l’ancien premier ministre répond davantage à une stratégie politique. Car c’est un secret de Polichinelle : en l’absence d’alternative sérieuse au président Ali Bongo Ondimba, l’opposition étant à la fois atomisée et étêtée, Paul Biyoghe Mba a pris la décision il y a quelques semaines de se lancer dans la course à la présidentielle de 2023. « Il n’et pas sûr d’y arriver mais il veut essayer », nous confiait un de ses fidèles début décembre.

Or l’homme a un handicap, et il le sait. Il est d’un naturel discret, voire effacé. « A une époque où la communication est essentielle, c’est rédhibitoire pour les électeurs », explique un professeur en science politique de l’UOB.

Il fallait donc à Paul Biyoghe Mba trouver quelque chose pour se démarquer. Quoi de mieux, a-t-il sans doute pensé, que d’agiter le chiffon rouge des tensions ethniques ? C’est la garantie d’être repris par les médias et faire le buzz sur les réseaux sociaux.

Reste qu’on aurait pu espérer de la trempe d’un ancien ministre un peu plus de hauteur de vue. Ou qu’il aborde les préoccupations prioritaires des Gabonais comme l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation, l’emploi ou la vie chère. « Plutôt que la posture d’homme d’Etat, c’est celle du politicien cynique qu’a choisi Paul (Biyoghe Mba) », déplore l’un de ses collègues députés qui avait pourtant « de l’estime pour lui ».

Celui qui aura 70 ans en 2023 et qui a une longue expérience politique derrière lui devrait savoir qu’à jouer avec des allumettes dans une grange, on risque d’y mettre le feu et se brûler les doigts, voire le reste.

SM: .

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