[Gabon] le Conflit homme-éléphant : un face à face avec les braconniers.

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« Au début, le sentiment général était la défiance. Plus aujourd’hui, car nous faisons comprendre aux populations le bien-fondé de notre action », assure le chef de la brigade, le commandant Jerry Ibala Mayombo, qui patrouille non loin de la bourgade de Lastourville, à 500 km au sud-est de la capitale Libreville.

Ces gardes ne sont pas armés. « Nous sommes confrontés à des braconniers violents qui nous menacent, parfois avec leurs fusils », témoigne le chef des gardes, accompagnés de gendarmes ou policiers quand cela est nécessaire.

« Notre mission est d’éduquer, sensibiliser et, en dernier ressort, réprimer », poursuit-il. Les plus lourdes peines concernent le trafic d’ivoire, jusqu’à 10 ans de prison.

En 2021, la brigade a saisi 26 armes, une quarantaine de gibiers et interpellé huit personnes pour trafic d’ivoire. « La tendance est à la baisse », estime le commandant.

Dans un hameau, une femme se lamente devant son champ ravagé par les éléphants de forêt, une espèce menacée d’extinction, dont la population dans le monde a chuté de 86% en 30 ans. Mais au Gabon, elle a doublé en 10 ans, pour atteindre quelque 95.000 individus, dont certains ravagent régulièrement les cultures vivrières.

 « Tu viens le matin, tu vois qu’il a mangé une partie. Tu viens le lendemain, il a pris une autre partie. En quelques jours, la plantation est finie. Je n’ai pas d’argent, plus rien à manger. Je vais faire comment ? », pleure Hélène Benga, 67 ans.

« On a compris qu’on préservait les éléphants. On ne les chasse pas. Donc les éléphants sont plus importants que nous. Donc on va mourir. Mon mari et moi n’avons pas la retraite. Ce sont les éléphants qui vont voter? Si tout le monde est comme moi, oh! les bulletins vont aller dans le vide », menace-t-elle.

La lutte pour préserver la biodiversité n’est pas toujours populaire au Gabon chez les habitants des zones reculées qui vivent de ce qu’ils plantent et de la chasse.

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