Des « professionnels de la grève » blamés par le Chef de l’Etat lors du discours des vœux à la Nation.

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Vendredi 31 décembre, comme chaque année, depuis 2009, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba s’est prété au rituel des vœux à la Nation. Dans un discours de recadrage, d’une trentaine de minutes, le Président de la Republique, qui a retrouvé toute son aisance oratoire, s’est montré très offensif. Le chef de l’État a en particulier dit son fait à ceux qui, en cette période rendue difficile pour tout le pays en raison de la pandémie de Covid-19, n’ont rien trouvé de mieux que de faire grève. Dans son viseur en particulier, la Conasysed-Sena et la Fecorefi, qualifiés par les Gabonais de « professionnels de la grève ».

« En cette période difficile, où nous devrions toutes et tous faire preuve de solidarité, certains ont cru bon de déclencher des mouvements de grève. C’est le cas notamment dans l’Éducation nationale. Nos élèves, déjà lourdement éprouvés et pénalisés par l’épidémie de la Covid-19, qui ont vu leurs cours suspendus, leurs examens reportés, qui s’inquiètent légitimement pour leur avenir, ces élèves n’ont-ils pas assez souffert ?

Prendre en otage les enfants de ce pays ; nos enfants, nos progénitures, hypothéquer leur futur au nom de je-ne-sais-quel intérêt, c’est véritablement irresponsable et condamnable.

Les régies financières, elles aussi, se sont mises en grève. Une fois de plus, quand bien même, certaines de leurs revendications ont été satisfaites. Or, cette grève n’est pas sans conséquence pour notre économie, déjà fort impactée par la crise sanitaire.

Elle provoque des pertes financières et de graves perturbations dans le fonctionnement de l’Etat. Il devient plus difficile d’assurer les salaires de nos médecins ou de nos enseignants, de régler les pensions de nos retraités, de financer les médicaments pour les Gabonais économiquement faibles. Etc.

Pourquoi rajouter de la difficulté à la difficulté ? La situation n’est-elle pas déjà assez difficile ? Ce sont les fonctionnaires qui sont au service de l’Etat et non l’Etat qui est au service des fonctionnaires.  Si la grande majorité de nos fonctionnaires sont irréprochables, exemplaires, une minorité d’entre eux à l’évidence, a perdu le sens de l’intérêt général.

J’ose le dire : c’est déplorable et irresponsable. Au moment où je demande à chacun d’entre vous de faire des efforts, une catégorie de notre population, a fortiori des fonctionnaires, ne peut et ne doit se désolidariser du reste de la population et rester en marge, au risque de déstabiliser notre pays.  C’est jouer contre son camp, contre son peuple. »

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